journal, fragments 1987-1993 (suivi de) le mystère du Ray’s Pizza

Jean-Michel Reynard – 96 p. – 21 x 14,5 cm – 2026 – ISBN 978-2-905573-40-7 – 17 €

Préface de Gilles du Bouchet ; postface de Gaspard Maume

Ouvrage publié avec le concours de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée.

j’écris des poèmes pour gagner ma vie. puisqu’il faut travailler, avoir de l’argent pour vivre, j’écris des poèmes. c’est un métier qui a ses charmes et ses inconvénients. ni pire ni meilleur que d’autres, même si certains lui sont, à n’en pas douter, supérieurs. mais on ne choisit pas toujours, ou l’on choisit mal, ou trop vite, ou trop tôt. ensuite, bien vite il est trop tard. le temps passant, on prend de l’ancienneté, des habitudes, on se fait des camarades, des collègues, des relations, et comme cela arrive souvent en amour, on garde son emploi, même s’il a cessé de vous plaire. par sécurité, par crainte de l’avenir. je ne dis pas que je songe à la retraite, pas encore, non, mais enfin, un jour, ça s’arrêtera, normalement, tout seul, et alors je serai peut-être content de récolter les petits fruits d’une vie de besogne verbale et présentable


Rassemblés par Jean-Michel Reynard entre 1987 et 1993, les notes, citations, aphorismes, qui composent ce recueil puisent leur matière première dans le journal de leur auteur. Remaniés au fil des ans, ces fragments, déposés successivement sur l’établi du peintre Gilles du Bouchet, sont aujourd’hui conservés sous la forme de cinq versions dactylographiées.

L’ensemble présenté ici est établi d’après la dernière version dactylographiée du texte, datée de 1993, pour laquelle Jean-Michel Reynard décida d’abolir de façon systématique l’usage des majuscules. Des extraits de ce texte étaient déjà parus en 2009 aux éditions La lettre volée, sous le titre de Journal, dans l’ouvrage collectif Jean-Michel Reynard. Une parole ensauvagée.

Contemporain du guide, Le mystère du Ray’s Pizza a été mis au net par Jean-Michel Reynard en juillet 1987, d’abord sous le titre de L’énigme du Ray’s Pizza, et publié pour la première fois de façon posthume en 2016 dans larevue* de Mathieu Nuss, que nous remercions ici bien sincèrement. Chaînon manquant des textes publiés jusqu’ici, cette nouvelle n’en constitue pas moins un tournant dans l’oeuvre de Jean-Michel Reynard, annonçant à bien des égards les premières ébauches de L’eau des fleurs, commencé en 1996.



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