Rimbaud de Clinchamps : trois saisons avec Arthur Rimbaud

Jean-Luc Steinmetz – 184 p. – 21 x 14,6 cm – 2021 – ISBN 978-2-905573-25-4 – 18 €

Ouvrage publié avec le concours de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée

 


 

« Je ne m’imagine pas autrement que marchant pour commencer ce livre. Et je vois à peu près la photo qui pourrait accompagner mes pas. Elle fut prise un après-midi de plein hiver, alors que la neige était longuement tombée la veille. On connaît ces jours de dégel à la campagne qui suivent ceux d’abondantes précipitations. Le soleil brille fort au ciel, dégagé de tout nuage. L’air acquiert une transparence où parlent les voix brusquement devenues visibles à la buée bleue qui sort des lèvres. Un bruit d’eau dispersé frémit, se propage d’arbre en arbre. Le chemin vient de l’horizon. »

 


 

Cet ouvrage est la réédition, abondamment remaniée, de L’autre saison, livre qui avait été publié en 2013 par Les Editions nouvelles Cécile Defaut et dont la diffusion s’est trouvée stoppée par suite de la mise en redressement judiciaire de l’éditeur en avril 2016 et de sa faillite.

Jean-Luc Steinmetz est un des meilleurs spécialistes de l’œuvre de Rimbaud et auteur d’une biographie du poète. Rimbaud de Clinchamps n’est pas un livre d’érudition de plus sur le sujet, mais un livre qui essaie de transmettre, au travers d’une écriture poétique, l’impact qu’a eu sur l’auteur la découverte d’Une saison en enfer. Steinmetz y croise la lecture de l’œuvre de Rimbaud avec son propre parcours de poète et d’universitaire. Il évoque son enfance, sa vie dans le petit village de Clinchamps en Normandie, ses rencontres amicales et professionnelles, le quotidien des jours…

Au fond, ce livre tient à la fois du journal intime et de l’étude savante, dans un désir de faire partager au lecteur l’émotion procurée par la lecture et la relecture du livre sans doute le plus emblématique de Rimbaud. Steinmetz nous livre probablement ici un de ses livres les plus personnels, un livre de compagnonnage, dans lequel il raconte comment il a « apprivoisé » l’œuvre de Rimbaud : « Sur le tard, je regagne ma pièce de travail. Sans appréhension de n’avoir rien à dire, la Saison prenant ma place. Avec elle j’entretiens une relative familiarité qui parfois m’inquiète, tant ce rapport m’a paru d’abord improbable, sacrilège même. »



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