S’accorder à l’horizon
Joël Roussiez – 64 p. – 17 x 9,6 cm – 2025 – ISBN 978-2-905573-42-1 – 9 €
Ouvrage publié avec le concours de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée.
Saisissant un scarabée et l’envoyant voler quand il tombe et, malheureux sur le dos se démène lentement, assommé légèrement, quand il tombe je me penche, l’observe, le relève et puis il part, s’en va, se dirige, occupé par ses affaires qui en quelque sorte envahissent par absence, distance, éloignement, m’éloignent donc et me rejettent dans une petite mélancolie alors qu’il fait gris.
Soudain dès le matin dans mes chaussures de neige arpentant ainsi tout un pan de jardin, je rendis visite à la mésange de droite et au pinson de l’arbre de la mare puis, enfonçant mon bonnet et couvrant mes oreilles, j’avançais au milieu d’un champ dans l’herbe crissante de gelée blanche… Alors une voix me héla : « où vas-tu, toi ? »
En résonance, par assonance souvent, s’est proposé ce texte, cette litanie, à l’invitation de Stimmung de Karlheinz Stockhausen ; sous les pensées, les concepts de Jakob Von Uexkül et de James J. Gibson s’est construit son propos ; autour de ma maison, de ses alentours, s’est développé son récit. De ce qu’ambiance et horizon permettent de mesurer ce qui s’offre par la lumière dans l’environnement, on tire la mesure à laquelle dans une destinée pratique il convient de s’accorder, évitant ce qui, comme au-delà, porte aux extrêmes désastreux. Ainsi, se chante ici une existence qui se comprend comme un jeu, infini à sa mesure, avec et dans ce qui l’entoure et la circonscrit…
(Avant-propos de l’auteur)
« ... de petites proses qui composent une lecture du paysage presque impersonnelle et pourtant si intime, une vibration où le sujet s’efface pour s’accorder aux choses loin de la trop bruyante rumeur du monde. »
Yves Aumont, Place publique, n° 91, automne 2025


